Tribune libre unitarienne V3N2
(Allocution
datant du 20 août
2000, par le pasteur unitarien américain, Joshua Snyder, Second
Unitarian
Church of Omaha. Traduction française de tribune libre unitarienne).
Le
septième principe des
unitariens universalistes est (1)
“le respect du caractère interdépendant de toutes les formes
d’existence qui constituent une trame dont nous faisons partie”.
Récemment,
ce principe s’est manifesté à moi d’une manière saisissante. Alors que
j’étais à Boston la semaine dernière, je suis allé faire une balade
avec
quelques participants du cours de formation permanente pour pasteurs.
Cette soirée-là,
nous nous baladions dans le parc Boston Common et le Jardin public, en
face du
siège social unitarien-universaliste. La nuit venue, les
réverbères dans
le jardin éclairent les sentiers où des rats, de temps en temps, se
baladaient
également. Quand mes compagnons montraient du doigt un de ces rats qui
se précipitaient
au travers des jardins publics, « ouais !»,
disais-je, « voilà
le caractère interdépendant de toutes les formes d’existence à
l’œuvre ».
C’est
l’une des dernières
fois que j’ai l’intention de vous parler des principes et des sources,
non
que ceux-ci ne soient pas dignes d’intérêt, mais parce qu’à leur
relecture, je reste toujours sur ma faim. Qu’est-ce qu’on veut dire au
juste
par “le caractère interdépendant de toute les formes d’existence qui
constituent une trame dont nous faisons partie”? Où a-t-on pêché ça?
Aujourd’hui, j’aimerais partager avec vous le fruit de mes réflexions
là-dessus.
Quand
je pense au “caractère
interdépendant de toutes les formes d’existence”, quelque
chose de
grand, d’ordre cosmique, me vient à l’esprit. À mon avis, cette idée
est
au cœur même de la théologie unitarienne universaliste.
L’interconnexion de
tous les êtres vivants et non vivants m’interpelle. Cette
idée est
devenue aujourd’hui en quelque sorte l’idée-force de
l’UUisme. Mais
son origine remonte au moins à nos ancêtres transcendantalistes du 19e
siècle. La surâme (2),
d’Emerson, ressemble un peu à la notion “connections cachées”
(3)
dont fait allusion une vaste série de domaines, tels
l’écologie, la
physique, l’économie, le mysticisme, le droit, la biologie, la
théologie, et
la spiritualité. L’existence de connections quelconques qui lient tout,
y
compris nous mêmes, est un sous-entendu dans tous ces champs d’intérêt,
comme dans les diverses théologies auxquelles souscrivent les
unitariens et
universalistes.
Le
théologien universaliste
Clarence Skinner a écrit un essai, intitulé “Unity of
Universals”,
dans les 1920. J’adore ce titre parce qu’il contient à la fois unité
comme
dans unitarien et universel comme dans universaliste. Dans son essai,
Skinner
fait valoir que les forces cosmiques universelles de la science,
l’astronomie
et la cosmologie, d’un commun accord, décrivent l’univers comme étant
immense et infini. Comme nous venons de le dire dans le répons de tout
à
l’heure, nous sommes “des poussières d’étoiles”. Tous les éléments
de la terre furent créés lors de réactions nucléaires dans la partie
centrale des étoiles. Nous vivons et avons évolué sur une grosse boule
de
poussière, vestige d’une explosion très ancienne d’étoiles. Skinner
fait
le constat que les observations scientifiques sur l’univers sont comme
des
observations poétiques ou spirituelles. Le Mariage du Ciel et
de l’Enfer(4),
de Blake,
est un bon exemple de telles
observations. Selon Blake, le Ciel et l’Enfer se dévorent mutuellement.
Ce ne
sont en réalité que deux aspects du monde dans lequel nous vivons. Les
anges
et les démons sont, à proprement parler, une même chose; ils
apparaissent
différents dépendant de l’angle d’où on se place pour les voir. Vos
démons
intérieurs peuvent être des anges bienfaiteurs, et les bienfaits
eux-mêmes
des malédictions déguisées.
Les
unitariens universalistes ne
sont pas les seuls à reconnaître le caractère interdépendant du monde.
Les
humanistes font remarquer que l’interdépendance est l’une des grandes
découvertes
de la science moderne. Darwin décrit comment les espèces s’acclimatent
à
leur milieu. Quand l’environnement naturel change, les formes de vie
s’adaptent ou disparaissent. Leur survie dépend de la nourriture, de
l’eau
et de l’air dans leur milieu. Que l’interdépendance de notre monde
naturel
et de nos vies nous soit voilée ou aille de soi, dans notre vie
quotidienne,
peu importe, elle est réelle.
Les
Amérindiens sont profondément
conscients du caractère interdépendant de leur existence et de toutes
les
autres formes d’existence dans le monde. Dans la plupart des cultures
amérindiennes,
on croit que toutes les choses sont animées et ont des âmes. Tuer quoi
que ce
soit, même en quête de nourriture ou d’abri est ressenti comme un
enlèvement
de l’âme de l’animal ou de l’arbre qu’ils sont en train de tuer. Pour
échapper au courroux de ces esprits, on prie ceux-ci pour implorer leur
pardon
et rendre la chasse abondante. Ces prières amérindiennes sont un rappel
que
leur propre existence dépend de l’existence d’autres formes
d’existence.
Ce qui est évident. D’où le problème! Quand la vérité va de soi, elle
va
sans dire, et tout le monde finit par l’ignorer.
Les
bouddhistes nous implorent de
prendre conscience du caractère l’interdépendant de toutes les formes
d’existence. Le terme bouddha signifie “celui qui est Éveillé”. Le
Bouddha s’est éveillé de ce qu’on appelle le rêve de la vie pleine de
malaises pour voir combien précieux et unique sont chaque chose et
chaque
personne. Il comprit que son existence dépendît de toutes les autres
formes
d’existence. Il ne s’est pas métamorphosé en Dieu, ni n’obtînt de
pouvoirs magiques. Il ressentait profondément les maux et les
souffrances
d’autrui comme si ceux-ci fussent les siens. Un peu genre Bill Clinton,
mais
en plus sincère! Le Bouddha ressentit la réalité de la toile
interdépendante
au fond de son être.
On
peut retrouver la toile interdépendante
de toutes les formes d’existence même au cœur du christianisme. Malgré
la
propension de ce dernier à la pensée binaire où il y a des sauvés et
des
damnés, certains chrétiens d’orientation mystique croient que Dieu est
plus
ou moins au centre de la toile interdépendante de la vie. Citant un
passage de
la Bible dans les Épîtres de St- Paul aux Corinthiens où l’Église est
comparée au corps mystique du Christ, ces chrétiens assimilent ce
dernier à
tout l’univers. Tout, toutes les créatures, font partie du corps du
Christ au
sens élargi de l’univers. C’est cette idée qui amena nos aïeux
universalistes à déclarer que Dieu aime tout le monde et est trop bon
pour
envoyer quiconque en enfer. Aujourd’hui, l’idée qui assimile toute la
création
au corps mystique du Christ se retrouve dans la spiritualité Nouvel
Âge
de Matthew Fox.
Thich
Nhat Hanh est probablement
l’un des plus éloquents écrivains à avoir écrit sur la toile
interdépendante.
Thich Nhat Hanh est un moine Zen du Vietnam et, par surcroît, un
pacifiste. Il
a écrit abondamment sur le bouddhisme et la méditation. Dans nombre de
ses
livres, il souligne l’exercice suivant. Prenez, par exemple, une
feuille de
papier. Nhat Hanh affirme qu’il y a un nuage qui flotte au-dessus. Le
papier,
comme tout le monde sait, est produit avec des arbres. Les
arbres ont
besoin de terre, de soleil, de dioxyde de carbone et d’eau. L’eau prend
sa
source d’une nappe aquifère sous la terre, alimentée par l’eau de
pluie.
La pluie dépend des nuages. Quand on regarde une feuille de papier, on
devrait
apercevoir l’arbre, l’eau, la pluie et le nuage. La page imprimée
dépend
de tout cela. Sans nuage, il n’y aurait ni eau, ni arbre, ni papier, ni
page,
ni allocution à lire. C’est pourquoi certains textes bouddhiques
parlent de
vacuité et soutiennent qu’il n’y a ni d’yeux, ni d’oreilles, ni de
langue, ni d’esprit, etc. Les bouddhistes ne déclarent pas que ces
choses
n’existent pas en soi, mais plutôt qu’elles n’existent pas isolément,
en
tant qu’entités indépendantes et autonomes. Dans le bouddhisme, la
toile
interdépendante, qui inclut toutes les formes d’existence, est appelée
Vacuité ou Tao.
Je
me souviens de ma plus
importante expérience spirituelle de la toile interdépendante. Mais
parler
d’expériences spirituelles est très difficile pour moi. C’est trop
personnel pour être mis en mots. On peut les ressentir seulement. Vous
faire
ressentir mon expérience est impossible. Par conséquent, mon récit ne
vous
laissera, sans doute, pas muet d’étonnement. Je n’ai vu aucune lueur
éblouissante,
ni n’ai eu une vision sur le chemin de Damas. C’était en automne et
j’étais
encore collégien. Je m’en allais tranquillement à l’église unitarienne
universaliste d’Ann Harbour. Je pouvais m’y rendre à pied de chez moi.
En
passant à côté d’un érable, soudainement une brise se leva. Je vis ses
feuilles rougeoyantes tournoyer puis tomber au sol. J’eus le sentiment
de voir
se dérouler sous mes yeux une scène de la fin d’un cycle de vie. Les
feuilles au sol se décomposent, puis deviennent de la terre qui nourrit
l’arbre le printemps suivant. Rien n’est créé ni perdu, tout retourne
dans
le dépôt à recyclage cosmique pour renaître en quelque chose d’autre.
J’ai vécu un tant soit peu l’expérience de l’interdépendance, ressentie
avec tant d’intensité par le Bouddha et d’autres grands leaders
religieux.
La
toile interdépendante a un
effet non seulement sur les rapports physiques comme entre les arbres
et les
feuilles et le papier, mais les états psychologiques et affectifs sont
également
dépendants d’autres choses dans notre milieu. Je sais que ma vie dépend
des
aliments que je mange et de l’air que je respire. Mais mon esprit et ma
personnalité sont également structurés en interactions avec les autres.
Les
psychanalystes montrent que les traumas et l’amour pendant la prime
enfance
ont des répercussions sur le restant de notre vie. Hitler a été un
enfant
maltraité. Mère Thérésa, quant à elle, a été tendrement aimée par sa
grande famille albanaise. On comprend le monde à travers nos esprits,
influencés
par les langues dont nous parlons. Combien différent me paraîtrait le
monde si
je parlais le swahili au lieu de l’anglais? Ou encore le navaho?
Le
champ probablement le meilleur
que je connaisse pour comprendre le fonctionnement de la toile
interdépendante
est l’économie. Celle-ci, il est vrai, n’est pas connue pour être la
plus
spirituelle des disciplines, mais je pense qu’il y a d’importantes
leçons
à apprendre de n’importe quel domaine qui intéresse l’homme. Les
économistes
comprennent très bien ce qu’est l’interdépendance. Une chute des
Bourses
d’Asie, il y a quelques années, a provoqué une vive anxiété chez les
investisseurs, ici en Amérique. Tout le monde avait l’œil aux aguets
pour
voir ce qui se passe en Allemagne, en Angleterre, au Japon et à Hong
Kong, et
pour se faire une idée comment investir, ici en Amérique. Je
me
souviens, il y a quelques années, j’étais en train de faire
de la méditation,
un bel après-midi. Ayant terminé, j’ai allumé le téléviseur pour voir
les
nouvelles du soir tout en préparant mon repas. Dans une chambre
adjacente où
j’étais en train de faire bouillir de l’eau, j’avais une oreille tendue
sur les nouvelles. Soudain, j’entendis Tom Brokaw dire que le Dow-Jones
avait
bondi de vingt-cinq points. Il est drôle parfois, comment, après un
exercice
de méditation, de simples phrases d’usage courant peuvent prendre un
sens métaphysique.
Le Tao a bondi de vingt-cinq points. Il est bizarre de penser que le
Tao, la Mère
de toutes choses, le fondement de l’Être, ait bondi de vingt-cinq
points.
Quelle
ressemblance y a-t-il donc
entre le Tao et le Dow-Jones? Les deux évoquent le mystère et
l’imprévisibilité.
Mais malgré cette imprédictibilité, l’un et l’autre, taoïstes et agents
de change, s’acharnent à prédire le l’avenir au moyen de signes
ésotériques,
mais sans par ailleurs s’en tenir seulement aux chiffres. Tout cela a
une
ampleur quasi-mystique. Chacun influence le Dow-Jones en achetant et en
vendant,
et pourtant le Dow est plus grand que n’importe quelle personne. Alan
Greenspan est quasiment le Pape. Tout le monde écoute attentivement ce
qu’il
va dire. Chaque mot et inflexion sont analysés en vue de saisir les
nuances de
sens. Je suis toujours étonné de voir combien l’opinion générale,
l’anxiété
concernant l’inflation, l’enthousiasme à propos des gains trimestriels
influencent la Bourse. Bien entendu, le Dow-Jones n’est pas la toile
interdépendante
de toutes les formes d’existence, seulement une partie de ces formes
d’existence. Par ailleurs, l’exemple montre comment l’interdépendance
touche jusqu’à notre argent et à notre sécurité financière elle-même.
Vivre
l’expérience de
l’interdépendance de toutes les formes de vie, c’est goûter un peu à
l’éveil.
Mais cette expérience est relativement rare. La vraie pratique
religieuse
ne se réduit pas seulement à la quête d’avoir une expérience mystique
de
l’unité totale. En fait, je plaiderais plutôt que ce genre
d’expériences
mystiques n’est qu’une part de notre tâche plus importante qui est
celle de
mettre l’intuition des connexions intimes au cœur de nos
vies. Notre
vraie tâche religieuse est de partir du lieu où nous avons eu une
expérience
mystique pour ensuite aller de par le monde pour la faire rayonner.
Pour
moi, l’instant-clé de
l’histoire du bouddhisme n’est pas le moment où Bouddha atteint
l’éveil.
Le véritable moment est quand il quitte l’endroit où il a connu
l’expérience
de l’interdépendance de la toile de la vie, et va, de par le monde,
aider
ceux qui souffrent. C’est ça la vie religieuse. L’appel d’un
engagement dans le monde, le devoir de compassion envers les autres
pour
soulager leurs peines et leurs misères.
Ces
réalités sont d’ordre éthique.
L’expérience des connexions et des dépendances, que mon existence et
mon
bien-être dépendent de votre existence et de votre bien-être, débouche
sur
une éthique de la réciprocité. Bien sûr, cela suppose un
élargissement
de la notion du moi. Je suis plus en mesure de m’identifier aux autres
quand
ma compréhension de la toile de l’interdépendance de toutes les formes
vient
de mon for intérieur. Martin Buber(5),
philosophe juif et mystique, a décrit cela comme la relation Je-Tu.
L’être
humain “bubérien” est par essence un « homo dialogus »,
et ne peut s’accomplir sans communier avec l’humanité, la création et
le
Créateur. Le philosophe indien madhyamika, Shantideva, on dirait
presque l’apôtre
St-Paul, fit une fois la remarque que sa main ne refuserait
pas de
secourir son pied, sous prétexte que les deux sont différents. Cette
main et
ce pied font partie du corps de Shantideva. Si l’un d’eux est meurtri,
le
corps risque d’être tué. Reconnaissant leur relation interdépendante,
la
main et le pied prennent soin l’un de l’autre.
Les
interconnexions entre le Je
et le Tu sont au coeur de la théologie unitarienne universaliste. Cela
veut
dire que je vais devoir sans cesse repenser à cette sphère interhumaine
dans
les mois et les années à venir. Je pense qu’une des raisons pour
laquelle
les unitariens universalistes mettent autant l’accent sur la communauté
et
l’interdépendance, c’est que nous avons compris que peu importe ce que
veut
dire le sacré, celui-ci germe toujours dans un terroir composé de
rapports
mutuels sains. Ces rapports constituent une trame du caractère
interdépendant
de toutes les formes d’existence dont nous faisons partie. Connaître
cette
sphère interhumaine c’est comprendre. D’en avoir l’expérience c’est
avoir atteint l’éveil. De vivre celui-ci, c’est faire rayonner la
compassion et la révérence envers toutes les formes de vie.
Puissions-nous réaliser
les trois. Ainsi soit-il.
Notes
de la traduction
1.
Tel que formulé par le
Mouvement unitarien universaliste au Québec (MUUQ). En anglais ce
septième
principe fut formulé comme voici par l’Unitarian Universalist
Asssociation:
“Repect for the interdependant web of all existence of which we are all
a
part”
2.Ralph Waldo Emerson
lance le mouvement trancendandaliste avec son essai Nature
de 1836. Pour
lui les hommes communient dans l’oversoul (l’âme universelle, ou la
surâme)
dont la nature est l’incarnation. Chaque âme représente une part de la
surâme,
et l’individu accède à la transcendance grâce à la connaissance de soi
et
à la foi en la nature. Bronson Alcott, George Ripley, Oreste Brownson,
Jones
Very, William Ellery Channing et Margaret Fuller joignent leur voix à
celle
d'Emerson dans la revue The Dial (1840-1844). Le poète Henry David
Thoreau
applique les idées d'Emerson et vit en ermite dans une
cabane, puis
relate son expérience dans Walden ou la Vie dans les bois (1854).
3.Fritjof
Capra, The Hidden
Connections. A science for sustainable living, Anchor Books, New York,
2004
4.'Le
Mariage du Ciel et de l'Enfer' est un texte mystique à résonances
bibliques écrit
pour contrer Swedenborg et dont Gide admirait le sublime équivoque.
William
Blake proclame l'unité humaine, attaque la prudence et le calcul au nom
de l'épanouissement
de l'être réconciliant désir, sagesse et raison. L'amour comme la haine
étant
nécessaire à la vie, c'est le choc des contraires qui provoque le
surgissement
de la force créatrice et la progression de l'être individuel. Il oppose
ainsi
la raison à la vision intuitive, à laquelle va sa préférence.
5 Ni le Je ni le Tu ne vivent séparément, ils n’existent que dans le contexte Je-Tu, qui précède la sphère du Je et la sphère du Tu. De même, ni le Je ni le Cela n’existent séparément, ils existent uniquement dans la sphère du Je-Cela. Pour Buber, une personne ne peut vivre au sens plein du terme que dans la sphère interhumaine: "Sur la crête étroite où le Je et le Tu se rencontrent, dans la zone intermédiaire". Selon Buber, qui n'a jamais rencontré un Tu n'est pas véritablement un être humain. Cependant, qui pénètre dans l'univers du dialogue prend un risque considérable car la relation Je-Tu exige une ouverture totale du Je. Il s'expose donc à connaître le refus et le rejet total.